Ce rejet institutionnel revêtait une lourde charge symbolique. Phil Chetwynd, directeur de l’information internationale de l’AFP, a par la suite déclaré sur les ondes de BBC Radio 4, dans l’émission Media Show, que le palais avait de fait compromis sa crédibilité en tant que source fiable. Il a comparé la nécessité exceptionnelle d’un « avis de censure » à des cas impliquant des agences de presse d’État nord-coréennes ou iraniennes, soulignant combien il était inhabituel qu’une institution démocratique comme la famille royale britannique soit pointée du doigt pour une telle transgression. Chetwynd a insisté sur le fait qu’à une époque où la confiance du public envers les médias et le gouvernement est en déclin, diffuser une image qui ne reflète pas la réalité est un pari risqué.
Face à la pression croissante, la princesse Catherine a pris la décision inhabituelle de présenter des excuses personnelles. Sur le compte officiel qu’elle partage avec le prince William, elle a admis avoir expérimenté la retouche photo, comme le font de nombreux photographes amateurs, et a exprimé ses regrets pour toute confusion que la photo de famille avait pu engendrer. Malgré cet aveu, le mal était fait. Le refus du palais de publier la version originale non retouchée de la photographie n’a fait qu’alimenter les spéculations. Sans fichier « brut » pour étayer l’histoire, des internautes ont commencé à élaborer des récits de plus en plus complexes et souvent malveillants concernant la santé et le lieu où se trouvait la princesse.
Arthur Edwards, photographe royal chevronné du journal The Sun, a qualifié l’incident de « leçon difficile et très médiatisée ». Il a souligné que si le recadrage est une pratique courante, toute modification des pixels d’une image constitue une violation impardonnable des règles de la photographie professionnelle. Edwards a déploré que cette erreur technique ait éclipsé ce qui était par ailleurs une « image ravissante », empreinte d’« amour et d’émotion ». Il a toutefois reconnu que le manque de transparence du palais avant la publication de la photo avait créé un vide informationnel que le public cherchait désespérément à combler.